Partager l'article ! SEGOLENE ROYAL PLUS PUGNACE QUE JAMAIS: Pugnace comme jamais, refusant d'accorder la moindre importance aux son ...
Pugnace comme jamais, refusant d'accorder la moindre importance aux sondages la donnant largement distancée dans le cadre de la primaire socialiste, Ségolène Royal, bien qu'elle s'en défende, est en pleine campagne. Hier, dans son fief poitevin, elle accueillait une brochette de représentants de la presse nationale - essentiellement des télés - dans le but de leur expliquer en détail toutes les innovations qu'elle a pu mettre en place en Poitou-Charentes… et qu'elle se propose d'étendre à tout le pays, pour peu que les électeurs veuillent bien lui confier les clefs du camion.
Cette visite tombait à pic puisque hier matin, un accord a enfin été conclu entre la Région et le rectorat à propos du fameux pass contraception. Les infirmières scolaires vont donc se charger de leur distribution après un an et demi de bisbilles entre la présidente de Région et le ministre de l'Éducation nationale, Luc Chatel. Plus personne ne comprenait l'attitude de ce dernier qui, avec enthousiasme, avait encouragé Jean-Paul Huchon, président de l'Île- de-France, dans son lancement du pass contraception, alors qu'il ne voulait pas en entendre parler à Poitiers. « Il y a eu pour une part un blocage intellectuel, mais surtout un blocage politique. Le représentant du gouvernement ne voulait pas qu'il soit dit que dans la Région que je préside, on puisse mettre en place des choses intelligentes copiées par les autres ! » a glissé Mme Royal avant de dresser à ses interlocuteurs parisiens une liste impressionnante de ses réalisations, dont feraient bien de s'inspirer - du moins le pense-t-elle fortement - et ses camarades de gauche et ses adversaires de droite.
« Je repars »
Tout y est passé, le plan photovoltaïque, le pacte pour l'emploi des jeunes, les trains à 1 euro par trajet pour les salariés, le budget participatif dans les lycées, le refus de payer directement pour la LGV avec la proposition d'un prêt. Bref, un laboratoire idyllique piloté par une femme qui a « pris du recul », su « donner du temps au temps », « médité », refusé de se laisser entraîner dans une « surchauffe médiatique ». « J'ai posé les fondamentaux et je repars », dit-elle.
Les mauvais sondages, d'abord elle n'y croit pas (« Regardez comme ils se sont plantés en 2002, sur le référendum de 2005, que veulent-ils dire à un an de l'élection ? »). Ensuite, elle n'a « jamais eu peur du vide ».
« Je crois beaucoup à la politique par la preuve, à l'exemplarité de ce qui peut être fait en région », ajoute-t-elle, notant le poids qu'ont pu prendre ses idées au fil des ans.
La nation, l'ordre global, la notion du « gagnant-gagnant », la démocratie participative, à ses yeux, c'est elle, elle seule. « Quand j'ai parlé de ''valeur travail'', du drapeau bleu, blanc, rouge, on m'a traitée de Pétain. Aujourd'hui, notre drapeau national est dans la salle de presse du PS, à Paris… Vous verrez aussi que la formule de "l'assistanat des riches concocté par Sarkozy" va faire le buzz. »
Honorer Mitterrand
Hier, Ségolène Royal avait rajeuni de quelques années. Elle était dans la peau d'une candidate ayant déjà franchi la barrière de la primaire socialiste et goûtant le bonheur d'être en possibilité de prendre sa revanche sur Nicolas Sarkozy.
Celui-ci en a pris pour son grade dans tous les domaines de ses interventions. En politique étrangère, ne serait-ce qu'avec la Libye, où sa « posture de va-t-en-guerre » n'avait pour seul but que de faire oublier ses « compromissions antérieures ».
Sur le plan intérieur, l'action du chef de l'État depuis quatre ans a été résumée par une série de formules assassines : « Agitation, dégradation de la fonction, creusement des inégalités, promesses non tenues. Les gens ont besoin de solutions, ils ne veulent pas qu'on leur fasse peur. »
Ségolène Royal est en campagne intensive. Samedi prochain, à Paris, à l'occasion des 30 ans du 10 mai 1981, elle s'apprête à rendre hommage à François Mitterrand, montrer l'actualité de ses combats.
« Ce sera un grand discours politique », lâche-t-elle, avant de chuchoter entre ses dents : « Dommage qu'il ne soit plus là, il aurait remis dans l'axe bien des éléphants. »
Se verra-t-elle accusée de « récupération ? » « On ne récupère pas Mitterrand, et je ne suis pas sur la ligne du droit d'inventaire. »
Ségolène Royal